Province du Québec

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« On formait une grande famille dans cette petite école »

L’annonce de la canonisation de Marie Rivier, fondatrice de la congrégation des Sœurs de la Présentation de Marie est unanimement saluée par les enseignantes qui ont transmis ses valeurs lors de leur passage à l’ancienne école secondaire de Granby qui portait le nom de cette communauté religieuse. 

« Marie Rivier est une personne que je tiens en grande estime. Elle n’est jamais venue au Québec. Mais elle a dit, un jour mes filles traverseront les mers. Elle mérite tous les honneurs », considère Claire Massicotte, qui a enseigné l’éducation physique et la géographie à l’école de la Présentation de Marie (PM) de 1979 jusqu’à sa fermeture en 2007.

« On a fermé une bonne école qui, je pense, a été victime de son emplacement géographique. L’atmosphère familiale était excellente. La famille était une valeur phare de Marie Rivier », estime Mme Massicotte.

Cette école secondaire privée qui accueillait uniquement des filles était située à côté de l’église Notre-Dame qui a été reconvertie en centre Notre-Dame. Quant à l’école, elle est devenue un complexe résidentiel nommé Les lofts du couvent.

 

Claire Massicotte et Colette Gaucher, ex-enseignantes à l’École Présentation de Marie de Granby, gardent un souvenir inaltérable de leur passage dans cette institution d’enseignement.

LA VOIX DE L’EST, JESSY BROWN

 

 

 

Une double mission

Jocelyne Dumoulin a enseigné la religion tout en étant responsable de la pastorale et de l’engagement communautaire pendant 19 ans à la PM. « Cette canonisation est grandement méritée. Marie Rivier avait une double mission: l’éducation et sa sensibilité envers les pauvres. Une des valeurs de la fondatrice était de développer chez les jeunes filles leur volonté de s’intégrer à la société en devenir et d’y participer », mentionne Mme Dumoulin.   

En l’écoutant, on remarque très vite qu’elle avait son école tatouée sur le cœur. « On formait une grande famille dans cette petite école. Cela m’a pris du temps à enseigner de nouveau dans une nouvelle école privée… »

Enseignante de français et de religion pendant 19 ans, Colette Gaucher a été aussi directrice des services pédagogiques de l’école. « Pour moi, c’est un honneur d’avoir enseigné dans cette école. Marie Rivier était une femme de cœur, de tête, de mission et de conviction. Elle a contribué à l’émancipation des femmes », estime-t-elle.

 

L’École Présentation de Marie de Granby en juillet 1992

FOURNIE PAR LA SOCIÉTÉ D’HISTOIRE DE LA HAUTE-YAMASKA

 

 Amour profond pour la fondatrice

L’ex-enseignante se souvient du 23 mai 1982, journée où le pape Jean-Paul II a béatifié Marie Rivier. « Les religieuses étaient tellement heureuses par cette béatification. Elles ont un amour profond pour leur fondatrice », souligne Mme Gaucher.  

Jocelyne Dumoulin, Colette Gaucher, Claire Massicotte et Jocelyne Brodeur font partie d’un comité toujours actif destiné à faire connaître la vie et les valeurs de sœur Marie Rivier aux élèves du Collège Rivier de Coaticook, du Collège Saint-Maurice de Saint-Hyacinthe et du Collège Reine-Marie à Montréal. « Depuis le mars 2020, nous avons dû interrompre nos animations pour cause de pandémie », regrette Mme Massicotte.

Johanne Lefebvre garde en mémoire la volonté des religieuses dans l’animation de l’école. « L’école Présentation de Marie était un milieu très dynamique avec beaucoup d’activités pour les élèves. Elles [les religieuses] étaient très impliquées pour différentes activités comme la fête de Noël, l’Halloween et les pièces de théâtre », se souvient Johanne Lefebvre qui a enseigné l’éducation physique de 1983 à 1997.

Bien des élèves n’oublieront pas leurs années à la PM, un établissement qui leur a mis le pied à l’étrier. « Apprendre qu’elle sera canonisée fait remonter en moi tous les bons souvenirs de mes études à la Présentation de Marie de Granby. J’ai adoré mon passage dans cette école à échelle humaine. Les amitiés qui y ont été scellées le sont encore. Il y régnait un bel esprit de famille entre les filles, mais aussi avec les profs », se remémore Isabelle Gaboriault qui a effectué ses études secondaires dans cette école de 1988 à 1993.

« Que Marie Rivier devienne une sainte pour l’ensemble de son œuvre accomplie un peu partout à travers le monde, je trouve ça beau et mérité », poursuit celle qui occupe aujourd’hui le poste de rédactrice en chef de La Voix de l’Est.

 

La Voix de l’Es, samedi 18 décembre 2021

 

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